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Les escargots solidaires

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Chronique d’une violence ordinaire : Récit Poilesque + supplément poils

mardi 19 juillet 2016 à 21:49

« Et vous voulez quoi comme épilation, le maillot échancré ou le maillot de grand-mère ? Ahah »

A l’époque, dans le centre d’épilation définitive où l’on m’a accueillie comme ça, cette blague m’a fait rire. Depuis, ma réflexion sur l’épilation a un peu évolué, et voici à peu près ce à quoi j’ai abouti.

La majorité des femmes commence à retirer leurs poils dès le début de la puberté, autour de 12-14 ans1. Au début, s’épiler n’est pas une partie de plaisir : ça fait mal, ça prend du temps et de l’argent. Mais on s’habitue et, finalement, la majorité continue à s’épiler régulièrement tout au long de sa vie. Pourtant, en plus des inconvénients précédemment cités, l’épilation ou le rasage ont d’autres désavantages :


On peut donc se demander pourquoi, avec tant d’arguments à son encontre, nous sommes tant à nous épiler/raser.

« Les poils c’est moche »
La pilosité féminine est majoritairement jugée inesthétique : demander à quelqu’un.e ce q
u’ielle pense d’une femme avec des poils aux jambes par exemple, le confirme facilement. On s’épilerait donc pour un critère de beauté, parce que « je trouve ça moche les poils sur mes jambes ». Et s’épiler serait un choix qu’on ferait, comme on ferait n’importe quelle autre modification corporelle (teinture, tatouage…) c’est-à-dire en fonction de nos goûts ou nos envies. Mais alors, comment se fait-il qu’on soit une écrasante majorité à avoir les mêmes goûts ?

Norme sociale et médias
Tout d’abord, et comme pour les régimes amincissants ou autres produits de beauté, on est régulièrement confronté.e.s à des publicités pour des produits d’épilation ou de rasage qui nous « aideraient à nous sentir belle et bien dans notre corps ». À côté de ça, les médias contribuent à alimenter cette image de la femme-féminine-sexy sans poils, en ne nous mettant que rarement, voire jamais, face à d’autres représentations féminines (représentations qui nous montreraient que c’est possible pour une femme d’avoir des poils). Ainsi, de manière inconsciente, on intègre cette idée qu’une femme, c’est beau quand ça n’a pas de poils
2.

Le poids de la norme
« Chewbacca » « portugaise », « putain regarde elle a des poils sous les bras! » etc… Qui n’a jamais entendu ou utilisé ce genre d’expression pour se moquer de quelqu’un ou faire une blague ? On voit bien là à quel point la société est sévère à l’encontre des femmes qui ne respectent pas la norme de l’épilation. C’est là tout le problème d’une norme : ce qui devrait être un
choix n’en est plus un. Aujourd’hui, on ne s’épile pas parce qu’on se dit « tiens si j’enlevais mes poils pour voir », mais parce qu’il y a une pression sociale monumentale, et parce que ne pas s’épiler c’est s’exposer à un regard très critique des personnes qui nous entourent. L’influence de cette norme a des proportions considérables : être embêtée d’aller à la piscine parce que ça signifie devoir s’épiler avant, être gênée à l’idée de recevoir un cuni parce qu’on n’est pas parfaitement épilée, faire du sport en pantalon tout l’hiver si on garde ses poils…3 On en vient donc à modifier notre comportement et nos loisirs en fonction de nos poils.

Diabolisation du corps féminin

Noémie Renard4 le dit bien : « Quand on y réfléchit attentivement, cette situation semble invraisemblable. On sourit volontiers en s’imaginant un Moyen-Âge, souvent fantasmé et caricaturé, où des hommes hurleraient à la nature diabolique du corps des femmes. On écarquille les yeux de surprise quand on lit qu’il n’y a pas si longtemps, les hommes chinois trouvaient les pieds des femmes proprement répugnants s’ils n’étaient pas déformés par des bandages. Mais le corps des femmes est encore haï dans notre société. La pilosité féminine, sur les jambes ou sous les aisselles, ne constitue pas une maladie ou une anomalie. L’immense majorité des femmes présentent des poils à ces endroits-là. »

Sexisme et normes de beauté

Les idéaux de beauté ne sont pas neutres. Le développement du port du corset dans la deuxième partie du XIXème siècle, de l’industrie du maquillage dans les années 1920 ou de l’épilation dans les années 80 par exemple ont un point commun : ils apparaissent à des périodes où des mouvements féministes se développent et où les femmes gagnent en liberté. C’est l’idée d’un « retour de bâton » : le gain de certaines libertés pour les femmes serait compensé par d’autres formes de contraintes, dont des normes de beauté très sévères. Car finalement, en nous imposant une apparence, on nous impose une conduite : celle de passer du temps, de l’argent et des souffrances, jour après jour, pour se plier à un idéal de beauté qu’on n’a pas choisi. Un comportement de subordonnée5.

Choix conscient ou aliénation ? 
Sur un site relatif à l’épilation définitive, on peut lire « Se débarrasser définitivement de ces poils indésirables est le souhait de la plupart des femmes
6« . Mais finalement, est-ce vraiment leur souhait ou est-ce une vision de la beauté qu’elles ont intériorisée et se sont appropriée à force de l’entendre répéter ? D’après MIEL7, « L’épilation est un comportement de soumission à une norme sociale, et – ce qui est vraiment grave – la plupart des femmes qui la pratiquent n’ont aucunement conscience de cette soumission. Elles perçoivent au contraire leur comportement comme un choix personnel, ce qui constitue une aliénation. (pour rappel, aliénation = le fait qu’on a l’impression qu’il s’agit de notre propre choix, de nos goûts : on ne se sent pas contraint).

« Et vous voulez quoi comme épilation, le maillot échancré ou le maillot de grand-mère ? ahah »
Je ne suis pas sûre de trouver un jour beaux tous mes poils, je ne suis pas sûre d’arrêter un jour définitivement de m’épiler. Mais une chose est sûre : la prochaine fois qu’un
médecin me tiendra un tel propos, je ne rirai pas. Parce que c’est ce genre de réflexion qui alimente la pression sociale et rend l’épilation non-facultative (et que c’est encore plus révoltant qu’elle vienne d’un professionnel de la santé). Parce que, maintenant que j’en veux moins à mes poils, je vois bien à quel point ma vision de la pilosité provenait d’une norme esthétique que j’avais intégrée mais qui n’est pas fixe ; je vois bien qu’il se pourrait même que je trouve un jour ces poils beaux. Parce que ce genre de réflexion alimente le produire-consommer-polluer du capitalisme (selon le journal The Independent, le marché de l’épilation a généré 2,1 milliards de dollars aux États-Unis en 2011…).

Finalement, « il reste donc à réussir à s’arracher de cette société de consommation dont le but est bien entendu de pousser à acheter des crèmes en tout genre, rasoirs 18 lames ou rouges à lèvres dernière génération qui brillent dans le noir pendant 95 heures. Sans parler des yaourts magiques « minceur extrême » qui vous font perdre 10 kilos en deux semaines… Avant, qui sait, que le vent tourne et entreprenne l’avènement d’un modèle où hommes et femmes n’auront plus besoin de se cacher derrière de faux-semblants pour vivre – et s’apprécier (l’un l’autre et soi-même) – comme la nature les a créés. Avec leurs beautés, et leurs défauts. »8

1https://antisexisme.net/2016/02/06/impuissance-04/

2Il n’en a pas toujours été ainsi : de fait, la norme du « sans poil » est relativement récente et remonte aux années 80-90 en Occident. Il n’y a encore pas si longtemps, le poil était jugé très érotique et la pilosité féminine était considérée comme un symbole de sensualité chez la femme

3Vision courante dans un cours de sport en hiver : tous les mecs sont en short et toutes les filles… en pantalon

4https://antisexisme.net/

5Chez les jeunes femmes féministes des années 1970, une revendication centrale était d’ailleurs le droit de n’avoir pas à être en permanence sexuellement attirante (« femme-objet»). L’épilation était à refuser au même titre que les bas ou les talons aiguilles.

6http://www.epilation-definitive.com/

7Mouvement International pour une Ecologie Libidinale, http://www.ecologielibidinale.org/fr/miel-etesansepilation-fr.htm

8David Courbet, L’Obs, http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1377739-douche-epilation-stop-au-sexisme-dans-le-coit-les-hommes-aussi-pourraient-se-laver.html

SUPPLÉMENT POILS

Et maintenant on fait quoi ? (Manuel de dépoilage du cerveau)

•Prendre conscienceimage1
S’informer, lire sur le sujet, se rendre compte de la norme qui nous entoure et de ses mécanismes, mais aussi du fait que d’autres représentations existent, pour après faire son choix (un peu plus) en connaissance de cause.

« c’est un très bon détecteur à connard »

•Tenter…
… et se rendre compte que souvent, ça ne fait pas un drame ! Malgré tout ce qu’on pourrait nous faire croire, des jambes un peu poilues ne se remarquent souvent pas, et un maillot non-épilé ne fait pas toujours fuir les partenaires sexuel.les. Souvent, tenter et faire semblant qu’on est à l’aise avec, marche, et peut rendre à l’aise ! Ce qui est encore plus cool, c’est que avoir ce « courage » de montrer ses poils peut inspirer d’autre courages.

•En parler / communiquer dessus
« Mais toi tu vis pas dans le même monde, t’as pas les mêmes potes que moi… ». Ici, on sous-entend que certaines sont entourées de personnes plus ou moins tolérantes, ou habituées au discours de « libération des poils ». Peut-être alors que le commencement serait d’évoquer le sujet autour de soi pour faire évoluer les mentalités, même à sa petite échelle.

•Agir !image2
Réagir aux insultes anti-poils, taguer les affiches, faire des tracts (ah ouais là on agit trop!) … Une anecdote d’une héro : « J’avais tagué une pub pro-épilation avec un « mon corps m’appartient, mes poils aussi, JE décide ». Des amies, sans même savoir qui en était l’auteur.rice, m’avaient fait part d’à quel point ça leur avait fait du bien de tomber sur ce graphiti. »

Exemple d’une pub à taguer ….

L’important est surtout de réussir à ne pas en faire une fixette, une maladie, et un rejet de soi-même. Peut-être qu’on devrait apprendre un peu plus à devenir ami avec son corps, plutôt que d’apprendre à lui faire la guerre …

Outils
http://hairypitsclub.tumblr.com/
http://antisexisme.net/

Tout ça pour ça.


http://www.pinupbio.com/faut-il-sepiler-remise-en-questiondune-
violence-ordinaire/#sthash.9ieDTT0v.dpbs
http://www.madmoizelle.com/

Et autres …

Arrêter de s’épiler est le seul moyen de lutter contre les poils incarnés à tout jamais!

image3

« Prenez n’importe quel film ou série, dans lequel il serait question de naufragés perdus sur une île déserte… Au bout de plusieurs mois de naufrage, les hommes ont des barbes etles femmes … n’ont rien sous les bras. Tout est normal. Personne ne se pose la question. Le poil féminin n’existe pas en fait. » Illustration ici dans Lost.

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« there is more than one way to be beautiful »

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Patti Smith, style, rock & poils

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Tract téléchargeable & mis en page, servez-vous et distribuez!

tract 66 – recit poilesque!

supplément poils

Inviolable

mardi 5 avril 2016 à 11:00

Ça part d’un malaise, une histoire « qui aurait pu mal tourner ». J’ai décidé de faire du stop de mon quartier vers le centre-ville. Je suis habituée à faire du stop seule, mais j’habite en Turquie depuis un mois, et je n’en ai jamais fait ici. Vers 6h, la nuit tombe doucement, j’attends un bus, je me dis que je peux aussi tendre mon pouce, au cas où. Une voiture s’arrête, un homme qui semble pressé et impatient, je monte. Dans les embouteillages, il se tourne vers moi, me demande combien c’est, me propose de l’argent. Face à mon refus, il continue sa route, puis il insiste, et face à mon refus il finit par se toucher, à côté de moi. Je sors de la voiture en courant.

Alors là, plusieurs trucs me traversent la tête : quel connard, j’espère qu’il me suit pas, je ferai plus de stop seule en Turquie, au moins maintenant je sais que je peux me sortir de telles situations, c’est qu’une mauvaise expérience, ça va quoi.

Quand je la raconte, je veux la dédramatiser, et souvent on me répond «Eh, ça aurait pu être franchement dangereux pour toi, il aurait pu te violenter, te violer ».

Finalement, on parle ici de communication, ce qui, dans un pays ou un autre est compris comme « j’accepte un acte sexuel », ou ce qui peut faire dire à un violeur « elle l’a cherché, elle était consentante ». En bref, ce qui est admis comme un consentement, qui permet de ne pas demander, clairement, un consentement.

Mais partout, le problème, est le consentement.

En Turquie, faire du stop seul-e la nuit correspond pour certain à un consentement d’un rapport sexuel. Autre part ça pourrait être embrasser, caresser, dormir dans le même appartement, la même chambre, le même lit, se mettre en valeur, être en jupe, ne pas porter de voile, être divorcé-e, proposer de sortir un soir, sourire, regarder dans les yeux, avoir déjà eu une expérience sexuelle, se prostituer, se rencontrer en boîte, danser, être alcoolisé-e, se connaître depuis longtemps, être marié-e, être ensemble depuis quelques années …

Partout, la question est de considérer le consentement du partenaire comme acquis, à partir d’autres facteurs. Et à partir de ces facteurs, de s’octroyer le droit d’exiger un rapport sexuel.

Au fond, qu’est-ce qui fait que je n’aime pas trop être regardée, draguée, reluquée, ni les quolibets dans la rue ou les rapprochements en boîte… c’est la peur du viol, la peur du rapport sexuel non consenti.

Il y a un sentiment d’insécurité, de prise de risque.

C’est aussi que je garde en tête quelque chose de puissant: si un homme veut avoir un rapport sexuel, de force, je ne peux rien faire contre. Derrière ça, il y a l’abondance d’images, d’histoires, de faits divers relatant des viols. Dans les films, les livres, les journaux, les séries policières, les pièces de théâtre, les œuvres d’art … pas si souvent dans une optique de dénonciation, mais plutôt comme la narration d’un fait horrible, une fatalité, une catastrophe personnelle. Et systématiquement, la personne se retrouve victime soumise, ou en fuite. Tout ceci constitue en partie la culture du viol.

Pourquoi n’ai-je pas réagi fermement avec un simple « quoi ?? ça va pas, tu te fous de ma gueule ! », pourquoi ai-je laissé planer un doute, une odeur de bête traquée, de victime d’avance, de renoncement, de fatalité. Pourquoi ai-je laissé planer l’idée que je me sentais incapable de résister, de me défendre, de riposter, d’être forte. Pourquoi ai-je laissé planer l’idée qu’il était possible de me violer. Pour moi comme pour tout-e-s celleux qui ont vécu ce genre de situation, l’idée n’est pas ici de s’en vouloir, mais de chercher à comprendre.

Un bout de réponse m’est venu par la suite :

Trop peu – peut-être même jamais – n’ai-je perçu d’autres images du viol que celle de l’impuissance. Trop peu n’ai-je entendu des histoires de femmes (et d’hommes) ayant réussi à ne pas se faire violer. Dans ces histoires, il n’y a pas non plus d’analyse collective (partage d’expériences ou étude des rapports de domination), d’autres possibles fins d’histoires, d’autres choix qui auraient pu être envisagés (comme dans un théâtre forum[1] par exemple). Et si l’on n’a pas d’exemples, on pense que c’est impossible, ou au moins exceptionnel. On vit dans la peur.

Le viol colonise aussi nos têtes, nous insuffle la peur, il est aussi possible parce qu’on a peur, parce qu’on a l’impression – de par la culture du viol – qu’on est incapable et faible. Parce qu’on se sent déjà coupable – d’avoir pris un risque, d’avoir mis la jupe, d’avoir marché dans la rue la nuit, d’avoir fait du stop. Alors que bien sûr, on ne l’est pas.

Le viol existe aussi sous d’autres formes.

C’est un rapport sexuel sans consentement. Et combien de fois on se force, par amour, amitié, affection, malaise, devoir, peur, pression personnelle, pression sociale… Combien de fois on décide ou on accepte de faire passer son propre malaise après le désir « incontrôlable » de l’autre, consciemment, ou inconsciemment. Combien de fois on pense qu’un rapport sexuel est dû si l’on a déjà envoyé des messages de « consentement ». Et combien de fois on trompe son propre consentement, on le perd, on le feint, on lui ment, on se ment.

Est-ce grave ? Pas nécessairement, mais ça peut créer pas mal de blocage, de mal-être, de rapports difficiles et sans plaisir dans la sexualité et les relations.

En fait j’ai besoin d’autres histoires, d’autres imaginaires, de savoir jusque dans mon inconscient, et que ce soit aussi clair dans la tête de toute personne, que je suis inviolable. En toutes circonstances.

Il y a deux mythes à combattre.

Un mythe collectif, une culture du viol, qui empêche d’agir en prévention : de faire du stop, de sortir tard le soir, de vivre un peu sa vie comme on l’entend, de « prendre des risques » ou au moins « le risque de se faire violer ». Et un mythe personnel qui, lorsque le scénario trop connu par la culture du viol arrive, fait se figer, enferme dans un comportement d’impuissance et empêche de réagir.

 

Alors on a trouvé quelques formules magiques, quelques outils, quelques pistes :

Pour taffer sur le consentement : en parler à tout plein de gens, lire pleins de témoignages, expérimenter, échanger sur des difficultés similaires, ou au contraire en apprendre sur des expériences totalement différentes… Parce que briser le tabou sur la sexualité permettrait à tout le monde de se sentir mieux avec la sienne, et de casser par la même occasion un tas de préjugés, normes, et appréhensions.

Contre la peur du viol, et pour travailler à casser mon mythe personnel, je me suis mise à la self-défense. Il en existe plusieurs formes : verbales, comportementale, physique. En tout cas j’espère acquérir un peu de confiance en moi.

Pour la création d’autres imaginaires : Je raconte cette « mauvaise » expérience en la dédramatisant, en débriefant dessus. J’ai aussi écrit ce texte, le partageant, l’améliorant collectivement. D’autre part, j’aimerais tomber sur d’autres imaginaires fictifs, dans lesquels les femmes sont fortes, se défendent, se déplacent seules sans être inquiétées. Histoire de contrecarrer l’alimentation du mythe collectif de la culture du viol.

Et puis, parce que j’ai eu trop de belles histoires et de belles rencontres, que je refuse de renoncer à cette aventure quotidienne, mais aussi pour combattre l’imaginaire collectif…

Bien sûr, je continue à faire du stop.

Nous écrire, réagir … Rejoindre un groupe d’échanges et de self‐défense féminine à Compiègne (discussions, pratiques, techniques)

-> escargots.solidaires@riseup.net
escargotssolidaires.noblogs.org

[1] Issu de Théâtre de l’Opprimé inventé par Augusto Boal, le Théâtre Forum est un outil d’éducation populaire conçu pour que les spectateurices puissent aussi être acteurices et qu’ielles aient la possibilité d’intervenir sur la scène et de jouer leurs solutions.

Tract téléchargeable ici : tract 65 – Inviolable

II) « De la valeur marchande de l’UTCéen.ne » Vous êtes le produit [partie 2/2]

jeudi 10 mars 2016 à 01:28

1

Quand on rentre à l’UTC, on ne devient pas éudiant.e dans une école d’ingé. Non. On devient UTCéen.ne. La différence, c’est l’identité. Une identité qui nous colle à la peau, qui permet de nous reconnaître, qui porte un certain nombre de valeurs et se doit donc d’être contrôlée.

« Se doit » car, en tant qu’étudiant.e.s, nous ne sommes pas la finalité de l’université mais un moyen de celle-ci. Par cela, je ne dis pas que tous les enseignant.e.s et personnel.le.s de l’UTC nous instrumentalisent. Je pense plutôt au fait qu’on est à un moment ou un autre choisi dans l’objectif de faire fonctionner la structure. Bien entendu, officiellement tout est fait pour nous. D’ailleurs, quand un.e utcéen.ne se fait virer, le jury nous le justifie par le fait que l’UTC n’était peut-être pas fait pour nous et que c’est pour notre bien qu’on nous invite à nous « réorienter ».

De même pour les stages, dont les choix sont limités par l’idéologie de l’université. L’UTC prétend être la plus à même de savoir ce qui est bon pour nous, mais ça ne la dérange pas qu’on fasse des stages consistant à utiliser pendant 6 mois nos compétences en Excel basique ainsi qu’un niveau de maths de 3ème. La seule différence, c’est la structure dans laquelle on veut aller. Si c’est une multinationale, ça passe quel que soit le projet, car il faut bien se faire voir d’elle et que les statistiques sont plus élevées pour qu’elle t’embauche à haut salaire. Certaines branches ont même mis en place une obligation de salaire minimum de 1000 euros en TN10 pour être sûr que tu sois pas dans un petit labo ou dans une asso.

Comme tout produit, on se fait acheter. Le prix est payable à la fin de chaque mois, ce sont les fameux «  39,7k€ hors prime en début de carrière ». Ceci est dit dans la page de présentation de l’UTC et à tous les amphis de bienvenue. Et pour être compétitif et avoir des classes sociales de plus en plus aisées, il faut augmenter ce prix d’achat. Hameçonné.e.s d’abord, vous devenez ensuite appats, car c’est sur la base de vos statistiques que seront recruté.e.s les futur.e.s étudiant.e.s.

Reproduction des classes sociales. « La démocratisation passe par un rattrapage des retards culturels et non par une diminution du niveau des diplômes » répondit Guy Danielou, président fondateur de l’UTC, à la question mettant en lumière le nombre inférieur de boursier à la moyenne nationale. C’est par cet esprit que la sélection sur dossier permet d’avoir aujourd’hui 2 fois moins de boursiers qu’au niveau national.

C’est admis, on prend les classes sociales les plus aisées. L’argument de G. Danielou est biaisé. Les fil.le.s d’entrepreneur.euses n’intéressent pas l’UTC que pour leur dossier scolaire. De même qu’obtenir des connaissances et des compétences ne constitue pas le (seul) but pour aller à l’UTC.

En effet, l’objectif visé par l’entrée dans une école telle que l’UTC est aussi symbolique : le diplôme décerné à la sortie a une bonne réputation dans les grandes entreprises et les médias entreprenariaux, les mêmes médias qui sont lus par une population de cadres (Usine Nouvelle, Chalenges, l’Etudiant, etc.). En entrant à l’UTC, on valide l’importance de la notoriété entreprenariale dans le choix de notre éducation.

Mais surtout, le but que le mode de sélection de l’UTC sert parfaitement, c’est la constitution d’un réseau social favorable pour les pistons. Une concentration de fil.le.s de riches est un facteur d’enrichissement de ce réseau, ça n’est pas pour rien qu’on demande la catégorie socio-professionnelle dans les fiches d’inscription.

Docilité et contrôle de l’identité utcéenne :

Le monde du travail recherche des étudiant.e.s qui soient dociles et acceptent les règles de l’entreprise, et ça c’est typique d’une école d’ingé : « L’avantage du modèle français réside surtout dans les CPGE (Classes Préparatoires aux Grandes Ecoles) qui apprennent à nos cadres français à travailler très intensivement, pendant très longtemps, qui commencent tôt le matin et finissent plus tard que tout le monde ».2

Pour assurer cette docilité, il faut contrôler l’identité utcéenne. Cela passe par la désignation de ce qu’est le.a bon.ne citoyen.ne. Cellui-ci se doit de s’investir dans les assos, mais pas n’importe lesquelles.

« […] nous sommes en droit de refuser la présence d’intervenants extérieurs compte tenu des idées ou des opinions qu’ils véhiculent et qui sont incompatibles avec les valeurs et les principes de fonctionnement de l’UTC »3

Un employé de l’UTC pour l’ingérence associative : le vice président

Sélectionné pour son CV, M Huglo a surtout brillé à son poste pour l’exceptionnelle ingérence dont il a su faire preuve au sein des associations de l’UTC. Et il est payé très cher pour cela ! Du côté du personnel de l’UTC, personne ne sait à quoi sert son poste. Du côté du mileu associatif étudiant, tout le monde en parle.

Son rôle ?

– Vérifier que les assos respectent les « valeurs de l’UTC » (vérifier qu’il n’y ait pas de syndicat étudiant, qu’il n’y ait pas de contestation du libéralisme…)

– Contraindre les associations à une organisation hiérarchique et les pousser à avoir un fonctionnement d’entreprise (au regard du fonctionnement des bureaux actuels des pôles et du BDE, ça marche très bien).
– Pousser à créer un maximum de liens entre les assos du BDE et les multinationales ou le MEDEF.
– Contrôler les communications externes à l’UTC

– Pousser à avoir des représentant.e.s « respectables » dans les bureaux (Cf. démissions passées de TUC)

A son palmarès depuis son arrivée en 2011, on peut noter entre autres : des censures telles que des débats d’Espace Citoyen ; une pression pour empêcher la création de la FEC (Fédération des Etudiants Compiégnois) ; des efforts permanents pour instaurer une méfiance vis-à-vis de toute personne extérieure à l’UTC… Militariste jusqu’aux ongles, il a fait créer Devoir de Mémoire et il a tenté d’imposer la journée des réservistes à Secourut’s (avril 2014) ; il a utilisé les emplois étudiants pour choisir l’orientation de certaines assos comme TUC, il utilise les assos pour gérer ses projets personnels (tentative d’imposer au PSEC son projet de charte de la citoyenneté, d’inviter un ancien militaire pour faire une conférence ou son projet d’accompagnement de « cadres précaires » : RESSORT). Egalement ultra libéral, il oriente des assos vers le MEDEF (comme le GENEPI, l’USEC) ; homophobe il a tenté de faire interdire l’association LGBT Outcoming entre 2011 et 2013 (Selon ses propres dire : « Si une asso commence à parler homosexualité avec la bannière utc, il faut tout autoriser. ») avant qu’un membre de l’association ne lui mettent le code pénal sous le nez et qu’A. Storck intervienne pour qu’il arrête ; il a exigé d’un étudiant qu’il retire son drapeau palestinien à sa fenêtre de Roberval (Roberval n’appartient pas à l’UTC) ; en liaison avec la police municipale, il en a convoqué d’autres parce qu’ielles avaient fait trop de bruit chez elleux…

La liste est longue et parle d’elle-même.

Ses pratiques. Très proche de la mairie, il peut obtenir aux associations qu’il souhaite favoriser une grande réactivité de l’administration de la ville, quand d’autres n’auront jamais de réponse. En devenant indispensable et omniprésent (en copie pendant plusieurs années des mails des assos), il peut choisir les projets qui sont dignes d’exister ou non, sans jamais avoir à laisser lui-même de trace écrite ! Comme il l’a dit à Outcoming, après avoir appelé l’infirmière de l’UTC pour que celle-ci n’organise pas la journée sidaction avec cette association, « Vous m’avez envoyé un mail. Je ne veux surtout pas répondre par mail, car je ne veux pas qu’un jour on le ressorte en disant ça c’est scandaleux. »

Loin de moi l’idée de dire que ces ingérences ne sont reliées qu’à lui. Ces pratiques existaient avant, et ne dépendent pas que de lui. Son rôle envers les assos est porté globalement par l’administration de l’UTC.

Je m’étais promis de faire un tract au sujet de l’UTC avant de partir du monde compiègnois. J’avais des choses à dire, ne pas rester soumis à cette loi et ce fonctionnement. Un tract personnel qui appelle à s’organiser ?

Le passage par l’UTC constitue, pour moi, une portion de « ligne de vie » (lire et relire G. Deleuze pour celleux qui aiment intellectualiser), c’est-à-dire un moment sur un chemin de la facilité, que celui-ci soit tracé par une « aisance » scolaire ou socialement construite. On me disait que c’était bien de « s’ouvrir des portes », mais je me rendais compte à quel point cette expression a peu de sens : un diplôme ferme probablement beaucoup plus de portes par le formatage qui s’opère avant et pendant son obtention qu’il n’en ouvrira jamais dans le champ très réduit du marché du travail. Les seules portes qui s’ouvrent sont celles qu’on enfonce, sinon ça reste un chemin.

Un démissionnaire de l’UTC

 

1 « Un cadre informaticien qui ne met pas à jour ses connaissances tous les 3 à 5 ans est sujet à un vieillissement prématuré et à une obsolescence de sa valeur marchande. » Information UTC, brochure annuelle 1990, page « Institut de Management de l’Information »

2 Responsable formation du MEDEF lors du congrès de la Commission des Titres d’Ingénieur de 2014.

3 F. Huglo, en réponse à l’organisation d’un débat par le PSEC.

Tract téléchargeable par ici: Tract 64 de la valeur marchande de l’UTCéen partie 2

Libérez les révolté.e.s enfermé.e.s dans leurs costards

dimanche 6 mars 2016 à 15:07

Un affichage de banderolle sur benjamin franklin pour dénoncer le formatage utcéen et le paraitre des cadres, des chefs.

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I) L’UTC, « le banc d’essai du patronat »1.[partie 1/2]

jeudi 3 mars 2016 à 14:33

La conception de l’UTC (à partir de 1968) est fortement empreinte du gaullisme : imposer le développement technologique et industriel afin de « vaincre par une puissance mécanique supérieure »2. En 1971, sous la présidence de Georges Pompidou, le gouvernement fait voter une loi permettant d’avoir des établissements expérimentaux dérogatoires aux autres universités. Un an après, l’UTC était né.

Cette université a été conçue par une équipe d’universitaires, de PDG de multinationales, d’anciens gradés de l’armée, de membres du MEDEF, d’élus, etc. La réflexion est lancée pour concevoir une université autoritaire et économiquement libérale.

« François Peccoud [Ancien président de l’UTC] dit qu’il tient les chefs de département en laisse : les départements ont une autonomie financière faible. »3

L’UTC est construit de manière très hiérarchique : un président d’université qui a beaucoup de pouvoir, à la fois vitrine et décisionnaire dans de nombreuses instances de l’UTC. Si logiquement un contrôle par le CA existe, dans les faits le président actuel ne se dérange pas pour porter ses positionnements politiques au nom de l’UTC ou pour annoncer des choses pour lesquelles il n’est pas mandaté, étant donné qu’aucun contre-pouvoir n’existe.

Le Conseil d’Administration… la moitié des membres sont nommé.e.s et non élu.e.s. On accepte qu’une université soit conçue et gérée par des membres de l’industrie. Le président du CA vient du monde des requins, et cela a des conséquences sur les liens que construient l’UTC. L’ancien président du CA venait de chez Renaud. L’actuel, Thierry Morrin, était président directeur général de Valéo avant de devenir membre du CA d’Arkema et président du CA de l’Institut national de la propriété industrielle.

Cette présence des entreprises a des conséquences sur la politique de l’UTC. En effet, on peut observer les impacts des liens resserrés de l’UTC avec les entreprises sur différents plans : la recherche (orientée vers le brevetage par exemple), le financement, « l’approvisionnement » d’un certain nombre d’ingénieur.es stagiaires (« les petites annonces » hebdomadaires des multinationales, la pression poussant à choisir des stages dans de grosses entreprises), les programmes pédagogiques orientés pour ses financeur.euse.s (FQ01 étant l’exemple parfait), etc.

« Elle [La chaire d’enseignement et de recherche] permet à un industriel de confier à l’université la formation spécifique à ses besoins et ainsi d’externaliser sa formation professionnelle. Elle permet en retour à l’université d’avoir un supplément de ressources pour adapter sa formation à des besoins spécifiques exprimés légitimement par une profession dépassant les critères de formation habituelle. »4

Apprendre la technologie pour développer le système capitaliste

On cherche des solutions technologiques à des problèmes sociaux générés par le système. Et voilà qu’on se met à défendre la société capitaliste, en utilisant sa logique.

Un incinérateur pollue ? On trouve des nouveaux filtres ou on transforme génétiquement des peupliers pour réabsorber la pollution. Cela permettra d’avoir de plus gros incinérateurs pour « revaloriser » (= brûler) encore plus de déchets, et avoir d’autant plus de pollution.

Les travailleur.euses ne sont pas bien sur leur lieu de travail ? Pas de remise en question de l’enrichissement des actionnaires ou du « travailler plus pour travailler plus ». Une remise en cause sociale demanderait de changer notre rapport au salariat, les cadences, le temps de travail, etc. mais nous, nous sommes éduqué.e.s à optimiser la chaîne. Résultat : nous augmentons le profit de l’entreprise en ayant bonne conscience car nous avons trouvé une chaise plus adaptée pour le dos de l’ouvrier-ère.

La neutralité.

Comme nos solutions sont d’ordre technologique, ce que nous faisons n’aurait pas de conséquences politiques, nous sommes neutres. Cette croyance nous permet de subordonner d’autres individu.e.s, de travailler dans la grande industrie, le nucléaire, les OGM, l’armée, et nous fait accepter que nos plus proches ami.es contribuent à cela.

La communication de l’UTC alimente le mythe de la neutralité, car tout se vaut en termes « d’innovation », qui mènerait irrémédiablement vers un progrès, vers un mieux. Ainsi, l’UTC se vante sans soucis d’avoir contribué au développement de machines plus productives pour Continental, connu dans le compiégnois pour les licenciements de 1100 employé.e.s, ou encore que le labo Heudiasyc de l’UTC travaille à faire des drones mortifères pour la Direction Générale des Armées.

L’idéologie de la conquête.

L’UTC doit être la meilleure. « Notre taille actuelle est légèrement sous-critique si on veut exister à l’échelle européenne, dans une compétition mondiale. […] il faudrait que l’UTC passe à 8000 étudiants. »5

Et pour remplir ces objectifs, tous les moyens sont bons.

Comme a dit A. Storck, « il nous faudrait de 5 à 10 millions d’euros de plus pour pouvoir progresser comme il le faudrait. » Pour lui, c’est en partie aux étudiant.e.s étranger.ère.s de payer cette conquête « Je milite pour le projet de la Conférence des Grandes écoles de faire payer le coût complet de leur scolarité, soit entre 12 et 13 000 euros par an, aux étudiants étrangers  »6. En plus d’être xénophobe (cette proposition stigmatisant les étranger-ères), ces propositions poussent à la précarisation de la condition étudiante, et rendent inaccessibles les études pour un grand nombre d’étudiant.e.s.

Le rêve d’A. Storck est d’augmenter fortement les frais d’inscription (dans un premier temps les doubler), pour tou.te.s les étudiant.e.s. L’UTC ayant toujours fixé ses frais d’inscription au niveau du plafond imposé par l’État français, celui-ci fait du lobbying afin de l’augmenter. D’ailleurs, d’après A. Storck, si un.e étudiant.e devait restituer 3000 euros à l’UTC, ça ne constituerait pas un endettement, celui-ci envisage même de le/la faire travailler : « Une convention entre la collectivité et l’UTC préciserait les tâches à faire par cet étudiant et la contrepartie versée à l’UTC. »7

On peut mettre de côté les UV d’éthique. Le fait que l’UTC fasse des choix structurels en se basant sur une logique plus compétitive qu’éducative n’est plus à démontrer : entrée dans le PRES Sorbonne en 2010 (« objectif : rivaliser avec les meilleures universités du monde. »)8, montage des pôles de compétitivité9, rattachement de l’UTC à la Sorbonne…

Cela faisait longtemps que l’envie me titillait d’écrire sur l’UTC. Non pas pour dire que les autres facs/universités sont meilleures. Ces établissements restent dans la logique de mise en compétition et de reproduction des classes sociales. Non pas non plus que tout est pourri, y ayant évolué j’ai dans l’idée qu’une organisation est possible pour s’opposer à ce fonctionnement économiquement libéral et autoritaire. Des valeurs d’autogestion, d’éducation populaire, d’auto-formation, de communisme libertaire et décroissant blabla. Écrit dans un tract, ça reste des mots creux, à nous de leur donner une existence si on ne veut pas être des produits de l’UTC (to be continued).

 

1 Titré le Nouvel Observateur de novembre 1972

2Compiègne, 1972 : L’université de technologie est-elle enfant de 1968 ? Lequin Yves-Claude et Lamard Pierre. – Fondation Charles de Gaulle, 8 février 2012.

3Interview de François Peccoud par le Monde le 13 avril 2004

4Portail de l’UTC, rubrique « information partenariat » consulté en décembre 2012

5 Alain Storck ; Article du courrier picard de Pierrig Guennec publié le 04/07/2013

6 A. Storck, 26 juin 2013, par Olivier Rollot

7Alain Storck, UTC : « L’exigence sur le lien entre technologie et humain, -cette intégration forte, cette double caractéristique-, ne court pas les rues ! « , le nouvel économiste, Patrick Arnoux 17/12/2015

8(Investissements d’avenir :L’UTC et le PRES Sorbonne Université, lauréats de l’Idex 2 14 février 2012), webintern UTC

9Le pôle “Industries et agro-ressources” travaille à mettre de la nourriture dans nos anciens réservoirs à essence (« bio-raffinerie ») pour « des finalités industrielles, innovantes et compétitives » . Webintern, rubrique «partenariat et innovation », pôles de compétitivité, décembre 2013 . Pôle dont fait parti l’UTC de 247 millions d’euros, 70 millions venant de l’Etat, le reste des multinationales.

Tract téléchargeable mis en page: tract 64 sur l’UTC P1