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le hollandais volant

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Foutez-moi la paix avec le « patriotisme »

lundi 24 octobre 2022 à 18:15

I served the soviet nation meme.
Une petite réflexion sur le « patriotisme ».

Certains se disent amoureux de leur pays, prêt à combattre pour lui, le défendre ou même de mourir pour lui. C’est quelque chose que je peux comprendre : chacun a le droit d’aimer ce qu’il veut, et de mener le combat qu’il souhaite, ainsi que de juger si ce combat doit aller jusqu’à la mort — sa mort — ou non.

Je comprends, donc, mais je ne partage pas. Du tout.

Personnellement, il m’est totalement égal d’être un ressortissant d’un pays ou d’un autre. Je n’éprouve ni amour, ni haine, et ne ressent ni honte ni fierté de ma nationalité, ni d’aucune autre.

C’est quelque chose que je n’ai pas choisi et pour lequel je manifeste de l’indifférence.

Maintenant, je fais partie des gens qui vivent dans un pays, la France, alors qu’ils sont nés dans un autre, les Pays-Bas. Est-ce que ce changement était mon choix ? Non. Est-ce qu’il l’est désormais ? Oui. Est-ce que je suis content de ça : oui. Mais je ne le dois pas à ces deux états.

Vivre en France est un choix désormais, pour moi. Est-ce que je considère dès lors devoir quelque chose envers ce pays ? Non. Ce pays me donne-t-il quelque chose, lui ? Non.

Alors oui, comme les Français « français », j’utilise des services publics et des infrastructures au quotidien. Tout ceci sont des biens communs accessibles à tout le monde.
En tant qu’habitant ici, je fais ma part en travaillant et payant des charges, des impôts, des taxes, en participant à la vie de ce pays. Je participe à ça, comme tout le monde, comme n’importe qui — Français ou non-Français — en France. J’estime, qu’en faisant ce qu’ils me disent de faire pour avoir le droit de m’établir ici, je me suis acquitté de toute redevance envers ce pays.

Quant aux Pays-Bas ? J’y suis né, comme mes parents et mes ancêtres sur un certain nombre de générations. J’y ai également vécu plusieurs années, et je m’y rends de temps à autre. Une partie de ma famille y vit.

Bien-sûr que je partage quelque chose avec ce pays ! Mais ce n’est pas pour ça que je tire un quelconque honneur à ça. Si je vais aux Pays-Bas, ce n’est sûrement pas pour faire plaisir à l’État néerlandais ou à satisfaire un sentiment patriotique.

Le fait que je sois de nationalité néerlandaise, à la limite, ça constitue un sujet de discussion, ou un axe de comparaison entre les deux modes de vie, français et néerlandais.

C’est plutôt de ça, de cette expérience, que je suis fier : avoir vécu ailleurs et ici, et être en mesure de comparer les choses, de rapporter des bonnes idées d’ailleurs, ou de qualifier de mauvaises celles d’ici grâce à un œil extérieur qui peut prétendre savoir des choses que quelqu’un qui n’est jamais sorti ne peut juste pas connaître.

Mais cela, je ne le dois qu’à moi. C’est moi qui suis allé là-bas et suis revenu, comme n’importe qui peut le faire, et pour des raisons qui me regardent.

Donc, non. Non je n’ai aucun sentiment de patriotisme, ni envers le pays où je suis né, ni envers le pays où je vis. J’aime la localité, ainsi que le mode et le rythme de vie en France, mais ça n’a rien avoir avec le fait d’aimer la France en tant que patrie. On peut très bien être fier et vivre ailleurs. Perso je préfère vivre ici tout en étant indifférent.

Pour moi, encore, la nationalité ce n’est rien de plus qu’une donnée administrative qui dit à quel groupe arbitrairement défini on a décidé que je faisais partie. À aucun moment on m’a demandé mon avis. À aucun moment on s’est préoccupé des avantages que cela me procurerait. À aucun moment je n’ai à dire « merci » pour ça.


Ce billet fait suite à la guerre déclarée par la Russie à l’Ukraine, et plus précisément au fait que beaucoup de Russes désormais enrôlés de force dans l’armée, choisissent de se rendre à l’Ukraine, d’eux-mêmes, immédiatement, simplement parce qu’ils ne veulent pas combattre.

Et je comprends tout à fait ça : ces gens n’ont pas choisi de combattre. On les a forcés. Un état, qui n’a jamais fait quoi que ce soit pour eux, les a forcés.
À leur place, je ferais pareil.

Je soutiens ces gens dans ce choix, et ils n’ont pas à être moqués ou pointés du doigt : entre l’enrôlement forcé dans l’armée avec une mise à mort certaine au bout, et se rendre pour éventuellement refaire sa vie de l’autre côté, le choix est vite fait.

Pour aller plus loin : je n’ai rien contre les corps armés, tant que les gens qui se font la guerre entre eux le font volontairement et en connaissance de cause. Je pense aussi que c’est un mal nécessaire : la nature humaine est ainsi faite qu’il y aura toujours des sentiments belliqueux entre différents groupes de gens, différents peuples, et il me parait nécessaire de pouvoir se défendre contre ça (ou, de l’autre côté, d’attiser les rancœurs et la guerre, si tel est la volonté populaire : qui sommes-nous pour décider ?).
La seule chose que je ne peux accepter, c’est qu’on oblige les gens à aller se faire la guerre contre leur volonté.

Après tout, si personne parmi la population ne veut aller à une guerre décidée par un chef, peut-être ce dernier devrait-il ne pas faire la guerre et respecter la volonté de son peuple ? Et inversement : si t’es pour la guerre mais pas prêt à y aller toi-même, t’as pas à dire aux autres ce qu’ils doivent faire ou pas faire.

Quelques idées rapides pour une politique écologique

dimanche 23 octobre 2022 à 14:56
« France nation verte ». L’intitulé de l’outil de planification écologique dévoilé, vendredi 21 octobre, par la première ministre, Elisabeth Borne, annonce la couleur. Reste à inventer le modèle de société qui va avec.

Voir : La transition écologique en manque de récit

Ils veulent des idées ?

En voilà des idées :

  1. remettre en place la consignation des bouteilles en verre et en plastique
  2. taxer les « super profits » pour financer à grande échelle la rénovation des logements.
  3. rendre 100 % piétons tous les centre-villes des villes françaises
  4. rendre le vélo possible partout, tout le temps
  5. forcer la sobriété des voitures en taxant la conversion vers un véhicule qui émet plus que celui qu’on remplace
  6. interdire la vente pure et simple des voitures qui émettent plus qu’un certain seuil.
  7. rendre le train compétitif, pour le fret et pour les voyageurs
  8. arrêter avec l’écologie à deux balles qui n’en est pas

Pour la consignation
Tout le monde le réclame, personne ne le remet en place. Pour les bouteilles en verre, il est une hérésie totale de briser une bouteille pour la refondre et refaire une bouteille identique, qui est un processus qui demande énormément d’énergie.
Alors que laver une bouteille, ça demande juste de l’eau, et probablement pas beaucoup plus que le lavage des débris de verre qu’on fait déjà.

Pour la rénovation des logements
Rénover la coûte cher, oui. Mais c’est avant tout un investissement sur le long terme : on dépense 20 k€ pour ensuite économiser une centaine d’euros par mois. Le calcul est vite fait, mais tout le monde n’est pas capable de mettre 20 k€ sur la table à un instant T et dépense donc plus chaque moi.
Financer ne serait-ce que le passage d’un expert chez tout le monde pour estimer la nécessité ou le coût de travaux d’isolation serait déjà un bond en avant, car ça permettrait de cibler ceux qui en ont le plus besoin.
Le fait d’avoir interdit les augmentations de loyer aux logements que les propriétaires refusent de rénover pour atteindre les nouveaux standards énergétiques est un bon début, mais ça ne règle pas le problème à la source.

Pour la piétonisation des centre-villes
Faut vraiment vous faire un dessin pour voir que personne ne veut voir les voitures dans les lieux de vie des villes ? Que y en a trop ? Que c’est étouffant ? Que ça prend trop de place ? Que c’est bruyant ? Accidentogène ? Que ça pue ?
Évidemment, ça demandera la création de parking en périphérie ou sur des axes excentrés, mais marcher 500 mètres n’a jamais tué personne.

Faire que le vélo devienne une alternative viable
On ne va demander à personne de faire 50 km par jour en vélo. Mais quand le trajet à faire fait 2 km et n’implique pas de transporter 2 tonnes de matériel, il devrait être interdit de prendre sa voiture. On transporte sans problème une baguette de pain, un sac de courses ou une lettre à poster en vélo.
Problème : beaucoup prennent aussi la voiture car c’est moins dangereux (créant un cercle vicieux). Les pistes cyclables actuelles ne sont pas séparées physiquement de la route et se limitent à de la peinture par terre. Je le dis à tous les maires et préfets de France : autant ne rien mettre, franchement.
Ce sont des vraies voies cyclables qu’il faut, séparées des voitures, inaccessibles à ces dernières. Et pas seulement sur 50 mètres mais partout où il y a des routes.

Qui plus est, il faut encourager les employés et à utiliser le vélo pour se rendre au travail. Je veux dire réellement : 0,25 € par km et plafonné à 200 € par an, c’est du foutage de gueule. Personne ne fera l’effort si c’est tout ce qu’il y a à la clé. Or, tout comme on décourage des pratiques en touchant au portefeuille, on peut faire l’inverse aussi.
Mettez 1 € du kilomètre et sans limite, le tout en crédit d’impôt pour l’entreprise, et vous verrez à quelle vitesse les entreprises encourageront les employés à utiliser un vélo, et à quelle vitesse ces derniers le prendront. Pour que les deux acteurs s’y mettent, il faut que les deux y voient un avantage (c’est pas compliqué : jouez sur le pognon).

Forcer la sobriété des voitures
Les voitures sont de plus en plus grosses et consomment de plus en plus. Il faut arrêter cette mode ridicule et dangereuse.

Interdire les véhicules les plus polluants.
Actuellement, il existe un barème pour le « malus » écologique. Il monte à 40 000 € pour les véhicules qui émettent plus de 223 gCO2/km. C’est beaucoup pour la majorité, mais ce n’est pas suffisant pour celui qui se fout du pognon car il en a trop. À ce niveau, la pollution inutile est simplement un droit exclusif pour les riches.
C’est pas une taxe de 40 000 € qu’il faut pour l’acquisition d’une telle voiture, mais une taxe égale à 40 % des revenus du propriétaire. Là, ça serait dissuasif pour tout le monde.
On peut aussi interdire la vente de véhicules qui émettent plus d’un certain seuil.

Rendre le train plus compétitif
Actuellement, n’importe où l’on va, l’avion est moins cher que le train. C’est assez ridicule et totalement absurde d’un point de vue écologique. Il faut renverser ça.
Et je ne parle même pas du fait que le train de fret est de plus en plus remplacé par des camions, et que l’offre pour les voyageurs est de pire en pire lorsqu’elle est seulement existante.

Pour l’écologie à deux balles
Utiliser des matériaux végétaux pour faire des sièges auto, des sacs de courses ou des vêtements c’est du bullshit. Ces matériaux sont à base de bambou ou de maïs, ok, mais ils sont tellement transformés que niveau CO2 c’est totalement contre-productif. Même remarque pour les biocarburants, au passage.
Quant aux gobelets ou couverts en bambou, là aussi c’est d’une absurdité sans nom. Les gobelets en carton, par exemple sont recouverts de plastique et ne sont donc ni recyclables, ni réutilisables, ni biodégradables (là où les gobelets en plastiques étaient au moins recyclables) ; et les couverts en bambou sont quant à eux conditionnés dans des sachets individuels en plastique.
De façon générale, il faut arrêter avec le tout jetable et les emballages partout.

En conclusion je dirais que tout n’est probablement pas aussi simple que c’est mis ici, mais si on est capable d’aller à la déchetterie pour jeter des bouteilles en verre, on peut aussi les emmener au supermarché pour faire jouer les consignes. Ça se fait déjà ailleurs comme en Hollande : une bouteille c’est 0,25 € de consigne. Deux packs de six bouteilles c’est déjà 3 € en bon d’achat. C’est quand-même pas rien. D’autant que ces consignes existaient déjà il y a longtemps, pour le vin ou autre.

J’ai pas non plus dit que c’étaient de « petits gestes ». Les petits gestes n’y arriveront pas. Ce qu’il faut c’est une révolution.
En vit une crise climatique : en France on a désormais 4 mois sans pluie, les rivières sont vides, les cultures mortes, et bientôt on n’aura plus aucun glacier dans les Alpes ou les Pyrénées et on a des mois d’octobre où il fait 30 °C sur la moitié du pays. Et ce n’est que le début. Si on veut corriger le tir, il faut des actions à la hauteur de cette crise.

Voulez-vous être spammés par les fournisseurs d’énergie ?

vendredi 7 octobre 2022 à 13:19

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Un courrier papier reçu aujourd’hui de la part d’EDF.

Si vous avez le tarif réglementé d’EDF (« tarif bleu »), vous devriez le recevoir aussi.
Là où je pousse un coup de gueule pour ça, c’est sur le fond mais aussi sur la forme. Et c’est pas contre EDF qu’il est dirigé.

Déjà, le contenu :

Bonjour Monsieur Van Neerden,

En application des engagements qu’elle a pris dans le cadre de la décision de l’Autorité de la concurrence n° 22-D-06 du 22 février 2022, EDF est dans l’obligation de mettre à disposition des fournisseurs d’électricité qui en feraient la demande certaines données relatives aux contrats de fourniture d’électricité de ses clients au tarif réglementé de vente (ou Tarif Bleu). Cette mesure vise à ce que ces fournisseurs d’électricité puissent mener des actions de prospection commerciale et vous proposer des offres d’électricité, de gaz ou de services.

Titulaire d’un contrat au Tarif Bleu, vous êtes concerné(e) par cette décision.

[…]

Les fournisseurs d’énergie (autre qu’EDF) ont donc obtenus auprès de l’Autorité de la concurrence — ie : la loi — qu’EDF leur transmette les données de ses clients dans un but purement commercial afin de vous prospecter.

En gros : la loi autorise le démarchage commercial ciblant les clients Tarif Bleu d’EDF et par des fournisseurs d’énergie tiers (Total Énergie, ENI, SueZ, etc.) grâce aux données que vous avez chez EDF.

Déjà ça, de la part de l’Autorité de la concurrence, c’est dégueulasse.

Heureusement, on peut s’y opposer :

[…]
Vous avez la possibilité d’autoriser ou de vous opposer à la mise à disposition de tout ou partie de ces données. Le coupon détachable en bas de ce courrier vous permet de nous communiquer votre choix. Vous pouvez le compléter et nous le retourner via l’enveloppe T jointe.
[…]

Là où ça m’agace maintenant c’est que pour un truc aussi simple que dire oui / non, il y a encore des complications à la con :

[…]
Deux types de données sont concernées par cette mise à disposition :

a. Les données d’identité et de contact transmises uniquement avec votre accord : la civilité, le nom et le prénom, les numéros de téléphone fixe et mobile, l’adresse électronique, l’adresse de facturation, ainsi que l’indication de la présence (ou non) d’un chauffage électrique.

b. Les données de votre contrat transmises sauf opposition de votre part : l’adresse de consommation, le numéro de point de livraison, la puissance souscrite en kVA, le volume annuel de consommation sur les deux dernières années, la dénomination commerciale de l’option tarifaire souscrite et le type de compteur (communicant ou non).
[…]

Certaines données sont donc en opt-in et d’autres en opt-out.
C’est-à-dire que certaines données SONT transmises sauf si le client dit non, et d’autres NE SONT PAS transmises, sauf accord du client.

Vous commencez à être perdus ? C’est normal.

Car pour le même résultat « on ne veut pas être démarché, bordel de mayrde ! », il faudra dire oui dans un cas et non dans l’autre. Ça s’appelle un dark-pattern, et c’est un procédé plus ou moins malhonnête destiné à obtenir le consentement pour un truc que vous ne voulez pas, mais dont la question est tournée de telle sorte que vous finissez par consentir à des trucs que vous ne voulez pas.

Un autre exemple de ces magouilles sont les questions à double ou triple négative, du style : « refusez-vous que j’arrête de ne pas vous spammer ? Oui / Non ».

Lisez donc bien le courrier et les intitulés des questions.

Dans mon cas, sur mon courrier, les deux cases à cocher sont celles situées à droite (au point où on en est, il n’est pas exclu qu’il y ait différents types de lettres pour différents abonnés) :

Lettre de EDF.

Une fois cochés, n’oubliez pas de signer tout en bas du coupon, puis découpez celui-ci, mettez-le dans l’enveloppe T et postez-la rapidement sans l’affranchir.
Ne tardez pas, car tout ça prend effet le mois prochain :

Si vous acceptez la transmission de tout ou partie de vos données (ou ne vous y opposez pas), celle-ci sera réalisée à partir du mois de novembre 2022.

Voilà.
Si vous refusez tout et que ces enseignes vous démarchent, menacez-leur de déposer une plainte RGPD parce que vous avez activement refusé tout ça.


ÉDIT : on me signale que l’on peut également faire cette démarche en ligne dans notre espace-client EDF.
Rendez-vous sur la page Espace client > mon compte, puis l’onglet préférences, puis tout en bas : on retrouve les mêmes deux questions.
Une fois que vous les avez cochés, n’oubliez pas d’enregistrer via le bouton vert apparu en bas.

image d’en-tête de Jon Feinstein

Cachez cette croix que je ne saur… wait what ?

samedi 17 septembre 2022 à 12:29

Photo d’une croix en granit.
Haha, ça me fait rire.

Ce Tweet :

je vous présente la croix de baptême de mon fils...1 cm de long...la maîtresse lui a demandé de la cacher...signe ostentatoire ?🤨bientôt il faudra avoir honte d être blanc et chrétien ?🧐#reconquete #parentsvigilants #VAPlus #charlottedornellas

Les FAFs qui se sont battus contre les voiles et les signes musulreligieux pleurent désormais qu’on leur demande de masquer les croix de baptême.

Je lol : alors ça fait drôle de goûter à sa propre médecine hein ?

En tout cas, ça prouve une fois encore que personne n’a rien compris à la laïcité.

La laïcité ne signifie pas que l’on doit tout cacher, ni en public, ni ailleurs.
La laïcité signifie que l’État n’a pas à se mêler de la religion et des croyances des gens, ni que les institutions religieuses ne puissent s’immiscer dans les actions de l’État. L’État doit donc traiter tout le monde de façon égale sans distinction de croyance.

C’est juste une application du principe d’égalité et de celle de la neutralité.

Réciproquement, ça signifie aussi que les gens n’ont pas le droit d’opposer à l’État des règles issues de leurs croyances.
Par exemple, si ma religion me dit que je dois dévaliser une bijouterie une fois par an, ma religion ne sera pas une excuse pour le tribunal qui me jugera pour cet acte illégal.

Du coup faut interdire les croix ou pas ?

À vous de me dire : faut-il interdire les burkas ou pas ?

La réponse doit être la même dans les deux cas : la laïcité dit que l’État (et donc la loi) ne doit pas favoriser une religion sur une autre, on ne peut donc pas interdire les burkas et autoriser les croix.

Mais il semble que la société a choisi depuis longtemps : les burkas doivent être cachées. Très bien. Dans ce cas les croix aussi. Vous l’avez voulu. Assumez.

Personnellement je ne suis pas pour le fait de tout cacher ou interdire. De toute façon c’est impossible : le nom des jours de la semaine, notre calendrier, et même le nombre d’heure dans une journée proviennent de faits religieux. On ne va pas changer tout ça en plus de milliers d’autres choses. Enfin j’espère.

Je suis pour n’interdire ni croix, ni burka (qui est ici pris en simple exemple). Mais visiblement cet avis était minoritaire à l’époque où le législateur, poussé par des manifestations à gogo (et de gogos), a décidé au nom de la laïcité que les signes religieux devaient être masqués, faisant, de facto, de la France un pays non laïque où l’expression de sa religion était gouvernée par l’État.

Ironique, non ?

À moins que tout ça c’était pas de la laïcité, mais de l’islamophobie, mais je n’oserai pas dire ça. Enfin je crois. C’est juste drôle qu’il y ait désormais des retours de bâtons.

image d’en-tête d’Antony

À propos de la destruction des monuments du passé qui gênent

mercredi 14 septembre 2022 à 18:59

Une statue soviétique.
J’ai par le passé gueulé contre les abrutis qui détruisaient les statues qui les dérangeaient, notamment certains Américains et les statues de Christophe Colomb.

Vous lirez le lien si vous voulez, vous verrez rapidement ce que j’en pense.

Ou pensais.

Récemment, avec l’attaque de l’Ukraine par l’envahisseur russe, certains pays issus de l’ex-URSS ont décidé de montrer leur soutien au peuple ukrainien en détruisant les symboles de ce passé communiste, notamment des statues.

Je n’ai pas pu m’empêcher de faire le rapprochement avec les statues de Colomb. Pour autant, ici, je serais d’avis de faire pareil : je condamne les actions de la Russie et ces choses-là ne sont pas à célébrer.

Par conséquent, je me permets d’amender mon avis (qui n’engage que moi).

Je pense dorénavant que les nations peuvent et doivent choisir les événements de leur passé qu’elles commémorent, indépendamment de leur importance historique. La honte de notre histoire n’est pas la nôtre, et elle ne doit pas entacher notre présent, et encore moins l’avenir.

Cependant, l’Histoire et ce qu’elle comporte de violence, a eu lieu et rien ne changera cela. Je pense donc également qu’il reste une nécessité de ne pas l’oublier, ne serait-ce que pour ne pas la reproduire. Cela peut passer par l’enseignement, la culture au sens large, ou des mémoriaux plus neutres : non pas glorifiant les envahisseurs, mais commémorant les victimes, par exemple.

Aucun peuple n’a une histoire exempte de violence, mais entre une statue à l’effigie d’un dictateur ou un conquérant sanguinaire d’une part et un mémorial neutre ou un musée de l’autre, il y a une différence et je préfère le second.

Ces deux points ne doivent pas aller l’un sans l’autre. Oui on peut retirer des symboles que nous ne voulons plus voir entacher dans l’avenir, mais non, on ne doit pas oublier le passé pour autant.

On pourrait résumer ça en « accepte ton passé, mais choisit ton avenir », à quoi j’ajouterais également « mais sois en paix avec les deux ».

image d’en-tête d’Ermakov